Isala van Diest et « LE REFUGE - FOYER LILLA MONOD »
Isala van Diest : un nom et une personne tombée dans les oubliettes de l’histoire remise à l’honneur par la frappe, le 2 mai 2011, par la Monnaie Royale de Belgique, d’une nouvelle pièce de 2 euros.
Anne Catherine Albertine Isala van Diest est née à Leuven le 7 mai 1842, quatrième enfant d’une fratrie de 7, chez le chirurgien accoucheur Pierre Joseph van Diest et Elisabeth Victoire Génie.
Les études secondaires supérieures n’étant pas accessibles aux filles en Belgique, Isala se prépare aux études universitaires en Suisse, à Berne.
Devant le refus de l’Université Catholique de Louvain (Leuven – unitaire à l’époque) de l’inscrire en Faculté de médecine, elle effectue ses études à nouveau en Suisse. Diplômée en 1879, 1ère belge ayant un titre universitaire, elle exerce son métier et sa vocation en Grande-Bretagne jusqu’en 1882.
Rentrée en Belgique, elle s’inscrit à l’U.L.B. , accessible au beau sexe depuis 1880, afin d’y suivre quelques cours et d’y obtenir l’équivalence de son diplôme helvétique.
En 1885, la doctoresse Isala van Diest prit en charge le secrétariat et la surveillance des pensionnaires du « LE REFUGE - FOYER LILLA MONOD ». En 1886, elle s’installait au 61 chaussée de Vleurgat, 1ère adresse du foyer et en devint sous-directrice jusqu’en 1902, année où elle commence à perdre la vue et arrête toute pratique.
Elle se retire à Knokke où elle mène une vie de recluse et s’y éteint le 6 février 1916.
Durant ses activités à la chaussée de Vleurgat, elle s’implique également dans la lutte contre la traite des femmes. Féministe convaincue, elle fonde avec Marie POPELIN, 1ère belge diplômée en Droit (également représentée sur la pièce de 2 euros) la Ligue belge des droits des femmes !
Voilà la raison pour laquelle une sous-directrice durant 16 ans du « LE REFUGE – FOYER LILLA MONOD » se retrouve immortalisée à l’occasion du 100ème anniversaire de la Journée internationale de la femme, sur une pièce de monnaie belge.
(Pour une histoire beaucoup plus détaillée sur « LE REFUGE – FOYER LILLA MONOD » de 1879 à 1980, je me permets de vous renvoyer à l’article de Monsieur Emile M. BRAEKMAN dans le Bulletin IX-3 de 1982 de la Société d’Histoire du Protestantisme Belge).
Alain HENNEBICQ